L’angioplastie carotidienne est une intervention mini-invasive radioguidée ayant pour objectif de rétablir un flux sanguin satisfaisant dans les artères carotides lorsqu’elles présentent une sténose/rétrécissement sévère permettant ainsi diminuer le risque d’AVC.

L’angioplastie carotidienne consiste à insérer un petit ballonnet dans l’artère affectée puis à le gonfler pour élargir le passage. Cette étape est suivie généralement de la mise en place d’un stent pour maintenir l’ouverture.
Cette procédure est une alternative mini-invasive à la chirurgie ouverte de type endartériectomie, particulièrement chez les patients pour qui la chirurgie apparait à haut risque. En dilatant l’artère, l’angioplastie améliore le flux sanguin vers le cerveau et diminue le risque d’accident vasculaire.
Cette intervention se réalise la plupart du temps sous anesthésie générale, elle dure environ 45 min et nécessite une hospitalisation d’une nuit dans les suites de l’intervention.
Avant de réaliser cette intervention, vous serez vu en consultation de radiologie interventionnelle et votre dossier sera rediscuter en staff de neurologie du CHBA de Vannes afin de valider de manière collégiale l’indication de l’intervention.
Le service de radiologie du GHBA de Vannes est le seul centre de radiologie interventionnelle à réaliser ce type d’intervention sur le département du Morbihan. Cette procédure est réalisée soit dans un contexte d’urgence lors de thrombectomie intracrânienne (AVC récent) soit de manière programmée lors de la découverte de sténose serrée à risque.
Ce traitement est remboursé par l’assurance maladie et les mutuelles. Les radiologues interventionnels du service de radiologie du CHBA de Vannes ne pratiquent pas de dépassement d’honoraire.

L’intervention : explications
Comment se préparer l’angioplastie carotidienne ?
– Consultations préopératoires : Un rendez-vous avec le radiologue interventionnel permettra d’expliquer le déroulement de la procédure, d’évaluer les antécédents médicaux et de vérifier les médicaments en cours. La procédure d’angioplastie carotidienne se réalisant sous anesthésie générale, une consultation d’anesthésie est également nécessaire.
– Examens préalables : Des examens comme une IRM cérébrale, une échographie doppler des troncs supra-aortique et un angioscanner cervical sont nécessaire afin d’évaluer le degré de sténose et poser l’indication d’intervention. Ils permettent également de réaliser un premier planning opératoire.
– Traitements anti-agrégants : Afin de préparer la mise en place du stent sur l’artère il est important de prendre un double traitement médical par antiagrégant plaquettaires. Celui-ci sera débuté avant l’intervention et pour une durée de 3 mois minimum. Une ordonnance vous sera remise à cet effet si une intervention est programmée.
Comment se déroule l’angioplastie carotidienne ?
L‘intervention est réalisée le plus souvent sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation d’une nuit. L’intervention se déroule en position allongée, elle dure en moyenne 45 min.
Après une ponction artérielle (piqûre), un cathéter (petit tuyau souple) est introduit soit dans l’artère fémorale commune droite au niveau du pli de l’aine soit dans l’artère radiale au niveau du poignet. Un cathéter est ensuite dirigé en temps réel sous guidage radiologique vers l’artère carotide pathologique. Une cartographie des artères carotides (artériographie) est alors réalisée en injectant du produit de contraste par le cathéter afin de bien évaluer l’étendue et le degré de rétrécissement de la carotide et réaliser ainsi un planning opératoire précis (zone d’inflation du ballon et de mise en place du stent).
On passe alors la sténose (rétrécissement) avec le cathéter puis on réalise alors soit directement la mise en place du stent (angioplastie stenting), soit il est parfois nécessaire réaliser une prédilatation au ballon (angioplastie au ballon) avant de mettre en place le stent. On réalise enfin une dernière artériographie pour confirmer la bonne efficacité de l’intervention. L’anesthésie est alors diminué et le patient est transféré en salle de réveil.
Une fois le réveil satisfaisant, le patient sera admis dans son service d’hospitalisation pour une surveillance de ses constantes et un suivi neurologique.
Comment cela se passe-t-il après l’angioplastie carotidienne ?
Après l’intervention, une courte hospitalisation (1-2 jours) est souvent nécessaire pour surveiller le patient notamment du point de vue tensionnel.
Des effets secondaires temporaires, comme un léger inconfort au site d’insertion du cathéter, sont possibles.
En général, le patient peut reprendre ses activités normales dans les jours suivants l’intervention, mais un suivi médical régulier et la prise de médicaments antiplaquettaires sont essentiels pendant au moins 3 mois pour maintenir l’efficacité de l’angioplastie et prévenir la formation de caillots.
J’hésite, aide à la décision
Quelle est l’efficacité de l’angioplastie carotidienne ?
L’angioplastie carotidienne s’est révélée efficace pour réduire le risque d’AVC chez les patients atteints de sténose carotidienne significative. La procédure améliore rapidement le flux sanguin vers le cerveau, et le placement d’un stent diminue le risque de resténose (nouveau rétrécissement de l’artère). Cependant, son efficacité dépend de plusieurs facteurs, dont l’état de santé général du patient, l’étendue de la sténose et le respect des recommandations postopératoires. Des études montrent que l’angioplastie peut offrir une alternative sûre et efficace à la chirurgie, notamment pour les patients à haut risque chirurgical.


Avantage et limites de l’angioplastie carotidienne
Avantages :
- Pas de cicatrice au niveau du cou (esthétique, inconfort)
- Pas de risque de paralysie des nerfs crâniens
- Patient à haut risque chirurgical ou contre-indiqué à la chirurgie :
- ATCD médicaux particuliers : radiothérapie cervicale, occlusion de carotide interne controlatérale
- facteurs anatomiques : cou court , localisation haute de la sténose
- récidive de sténose après endartériectomie (chirurgie de la plaque carotidienne)
- sténose en TANDEM (sténose de la carotide au niveau du cou et d’une artère cérébrale en aval de cette même carotide)
Limites :
- Accès artériel parfois difficile liée à une anatomie artérielle complexe (tortuosité des carotides, crosse aortique compliquée)
- Nécessité d’une double anti-agrégation pendant 3 mois (augmente le risque d’hémorragie si traumatisme important)