En bref…
Le drainage radiologique est une technique de radiologie interventionnelle (guidage en temps réel par l’échographie, le scanner ou la radiographie) permettant d’évacuer des accumulations de fluides compliquant une infection, une chirurgie ou un traumatisme. Un drain est un tuyau souple biocompatible comportant des petits trous à son extrémité et que l’on insère sous contrôle radiologique (scanner ou échographie) jusqu’à une collection de liquide anormale afin de l’évacuer.
Le drainage radiologique permet de traiter plusieurs types de pathologies, telles que :
- Abcès : Des collections de pus dues à une infection.
- Hématomes surinfectés : Des accumulations de sang après un traumatisme ou une intervention chirurgicale.
- Collections : Des accumulations de liquide dans les espaces corporels.
- Fistules : Des connexions anormales entre deux organes ou entre un organe et la peau, souvent associées à des infections.
L’objectif principal est de réduire la pression sur les tissus et d’aider à l’élimination des liquides pour éviter des complications comme les infections généralisées (sepsis) ou d’autres pathologies graves. Cette intervention est réalisée après évaluation du dossier du patient conjointement avec nos collègues cliniciens ou chirurgiens.
Le drainage radiologique est une technique précise qui permet de traiter efficacement les accumulations de fluide (abcès/hématome…) à l’intérieur du corps, en minimisant l’invasivité et en offrant une meilleure précision grâce aux technologies d’imagerie. Il est utilisé dans diverses situations cliniques et permet souvent d’éviter des interventions chirurgicales plus lourdes. Grâce à un suivi rigoureux, les risques associés sont faibles et la récupération est généralement rapide.

crédit: OnclePaul.fr
Ce traitement est remboursé par l’assurance maladie et les mutuelles. Les radiologues interventionnels du service de radiologie du CHBA de Vannes ne pratiquent pas de dépassement d’honoraire
L’intervention : explications
Comment se déroule un drainage radiologique ?
Le drainage radiologique est une procédure qui se déroule en plusieurs étapes sous guidage radiologique (échographie, scanner, ou fluoroscopie) pour assurer la précision de l’intervention.
- Préparation du patient : Avant le drainage, une concertation entre le radiologue interventionnelle et le médecin qui demande l’intervention est réalisée pour évaluer l’état de santé du patient et déterminer la meilleure méthode d’intervention. On vérifie que le patient ne présente pas de surrisque hémorragique (bilan sanguin, arrêt des éventuels anticoagulants). Le drainage peut être réalisée sous anesthésie locale ou, dans certains cas, sous sédation légère. Avant l’intervention à proprement parler, on réalise une désinfection de la zone de prélèvement et on met en place des champs stériles, ce type d’intervention étant réalisé dans des conditions d’aseptise stricte.
- Insertion du drain : Une aiguille fine servant à réaliser l’anesthésie locale est insérée sous guidage radiologique pour accéder à la zone où le fluide est accumulé. Tout le trajet d’accès est anesthésié. Une fois l’anesthésie locale réalisée, on met en place sous guidage radiologique une aiguille de plus large diamètre qui nous permettra d’insérer le drain (tube creux souple) afin de permettre l’évacuation du liquide. Selon la situation, ce drain peut être laissé en place pendant quelques jours voire semaines.
- Imagerie médicale : Le radiologue interventionnel va choisir la technique d’imagerie (échographie, scanner) qui lui permettra de localiser avec précision la zone à drainer et de pouvoir guider le plus précisément possible l’aiguille permettant d’amener le drain à la collection. Pour les collections profondes, le scanner est généralement utilisé avec un contrôle itératifs de la progression de l’aiguille. Pour les collection plus superficielles, l’échographie est souvent la technique de guidage la plus utilisée car elle permet de suivre en temps réel l’avancée de l’aiguille .
- Contrôle final et fixation des drains: Des images radiologiques sont prises pour s’assurer que le drain est correctement positionné. Le drain est alors fixé à la peau par des points de sutures afin d’éviter d’être accidentellement retiré lors des mouvements du patient. Le drain est ensuite raccordé à une poche afin de sécuriser l’évacuation.
La procédure dure généralement une 30 min, et les patients sont généralement surveillés plusieurs jours après l’intervention dans un service spécialisé.
Comment cela se passe-t-il après un drainage radiologique ?
Après la procédure, plusieurs éléments sont pris en compte pour assurer la récupération du patient :
- Surveillance immédiate : Le patient reste sous observation pendant quelques heures après la procédure pour détecter d’éventuelles complications comme des saignements ou des infections.
- Retrait du drain : Le drain est généralement retiré une fois que la quantité de fluide évacué diminue et que la situation clinique s’améliore. Cela peut prendre plusieurs jours, selon la quantité de fluide et la cause de l’accumulation. Il est parfois utile dans les jours qui suivent la mise en place du drain de « laver » la collection en y injectant du sérum physiologique.
- Antibiothérapie : Si l’infection est la cause de l’accumulation, un traitement antibiotique est prescrit en parallèle pour éviter que l’infection ne se propage. Il sera adapté en fonction des analyses des prélèvements bactériologiques réalisés lors de la pause du drain.
- Suivi médical : Des consultations de suivi régulières sont nécessaires pour surveiller l’évolution de la condition du patient et s’assurer que le drainage reste efficace. Un contrôle par imagerie peut également être réalisé pour vérifier que l’accumulation de fluide ne se reproduit pas.
La plupart des patients récupèrent bien après un drainage radiologique, mais dans certains cas, des complications peuvent survenir, telles que des infections ou des douleurs résiduelles.
Quelle est l’efficacité d’un drainage radiologique ?
Le drainage sous contrôle radiologique est généralement très efficace. Ses avantages comprennent :
- Soulagement rapide des symptômes : La plupart des patients ressentent un soulagement significatif de leurs symptômes après la procédure.
- Réduction du risque de complications : En évacuant le pus ou le liquide accumulé, on diminue le risque d’infection grave.
- Aspect diagnostique : La procédure permet également de recueillir des prélèvements pour des analyses supplémentaires, et d’adapter ainsi le traitement antibiotique.
Cependant, comme toute procédure médicale, des complications peuvent survenir, et l’efficacité dépend de la situation clinique spécifique de chaque patient. Un suivi attentif est essentiel pour garantir les meilleurs résultats possibles.
Quelles sont les complications potentielles ?
Les complications les plus fréquentes sont la douleur, qui sera prise en charge par un traitement adapté. Comme tout acte dit invasif, il y a un risque de saignement (hématome, hémorragie)
L’équipe met tout en œuvre pour limiter ces risques, c’est pourquoi une hospitalisation de sûreté et de surveillance est programmée.
En cas de complications, l’hospitalisation peut être prolongée et des actes complémentaires réalisés (drainage de pneumothorax, embolisation de saignements, …). Notre équipe radiologique interventionnelle et chirurgicale sait prendre en charge l’ensemble de ces complications