Thermoablation percutanée (rein, foie…)


En bref…

L’ablation tumorale percutanée est une procédure de radiologie interventionnelle mini-invasive utilisée pour traiter certaines lésions pathologiques, notamment du foie et du rein, notamment les tumeurs malignes.

La décision du traitement doit être validée en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) par votre spécialiste référent. La consultation de radiologie interventionnelle permettra de voir si le geste est techniquement réalisable dans votre cas.

La technique de thermoablation repose sur l’utilisation de courants électriques à haute fréquence (ablation par radiofréquence), de micro-ondes (ablation par micro-ondes) qui génèrent de la chaleur pour détruire des cellules malades. Dans certaines circonstances, c’est le froid qui sera utilisé pour détruire la lésion : cryoablation.

Cette technique est particulièrement efficace pour les tumeurs de petite taille, et elle est réalisée sous guidage radiologique par des techniques d’imagerie comme l’échographie, ou le scanner (CT).

Le principe de cette procédure consiste à insérer une aiguille fine (sonde d’ablation) dans le foie ou le rein, sous anesthésie générale, et à envoyer des ondes de radiofréquence à travers cette sonde. Ces ondes créent une chaleur intense qui détruit sélectivement les cellules ciblées.

L’ablation tumorale percutanée est une méthode de traitement moderne et efficace pour certaines affections du foie et du rein, offrant une alternative peu invasive à la chirurgie. Elle permet de traiter avec succès les petites tumeurs hépatiques et rénales , tout en offrant un temps de récupération rapide et des risques de complication relativement faibles.

En fonction de votre état de santé et de la nature de la pathologie, l’ablation tumorale percutanée peut être une option thérapeutique à discuter avec votre médecin.

En savoir plus (FAQ)

A quoi sert l’ablation tumorale percutanée

Cette technique permet le traitement des lésions cancéreuses malignes de petite taille, mesurant jusque 3 cm le plus souvent pour le poumon et le foie, et jusque 5 cm pour le rein. Voici les principales indications :

  • Traitement des tumeurs hépatiques (carcinome hépatocellulaire)

L’ablation tumorale percutanée est couramment utilisée pour traiter les tumeurs primaires du foie, notamment le carcinome hépatocellulaire (CHC), le type de cancer du foie le plus courant. Elle est particulièrement indiquée chez les patients qui ne peuvent pas subir une chirurgie en raison de la localisation de la tumeur ou d’autres facteurs de risque.

  • Traitement des métastases hépatiques

Les métastases hépatiques, qui proviennent d’autres cancers situés dans le corps, peuvent également être traitées par  ablation tumorale percutanée. Cette technique permet de détruire localement les tumeurs secondaires et de limiter leur propagation.

  • Traitement des cancers du rein

La radiofréquence peut aussi être utilisée pour détruire des lésions cancéreuses des reins.

L’intervention : explications

Comment se déroule une thermoablation tumorale percutanée ?

L’intervention est effectuée le plus souvent sous anesthésie générale. Si l’intervention est faite sous sédation consciente, votre coopération est essentielle : elle contribuera à la rapidité de l’intervention et diminuera les risques de douleur et de complications.

La destruction tumorale percutanée comprend 5 étapes principales :
La durée de l’intervention est variable en fonction du mode de guidage, de la complexité technique et du nombre de nodule à traiter, allant de 30 mn à 3 heures.

  • Le repérage de la cible à traiter en échographie ou au scanner. Une injection de produit de contraste pourra être réalisée si elle est jugée nécessaire. En fonction des conditions anatomiques et notamment des structures avoisinants le nodule, il est parfois nécessaire d’écarter ces structures à risques afin de les protéger de la zone de traitement. On parle de « dissection ». Elle peut être réalisée avec du gaz ou des liquides, grâce à une petite aiguille elle-même insérée au travers de la peau entre le nodule à traiter et l’organe ou la structure à protéger.
  • La mise en place d’une ou plusieurs aiguilles de thermoablation au sein du nodule tumoral, au travers de la peau, sous guidage de l’imagerie.
  • Le traitement qui consiste à délivrer une énergie tumoricide, soit par des ondes de radiofréquence, des micro-ondes ou du froid.
  • Le retrait du matériel, qui peut s’accompagner d’une cautérisation du trajet afin d’éviter un saignement sur celui-ci.
Comment se préparer à l’ablation tumorale percutanée

La préparation à une procédure d’ablation tumorale percutanée nécessite plusieurs étapes :

Jeûne : Vous devrez probablement jeûner pendant 6 à 8 heures avant la procédure, car celle-ci est réalisée sous anesthésie générale.

Consultation médicale de radiologie interventionnelle : Avant l’intervention, le radiologue interventionnel procède à un examen approfondi, incluant des analyses de sang, des échographies, ou des scanners pour localiser précisément la tumeur ou la lésion à traiter.

Suspension de certains médicaments : Certains médicaments, en particulier les anticoagulants, doivent être arrêtés quelques jours avant la procédure pour réduire le risque de saignement.

Quelle est l’efficacité de la thermo-ablation percutanée ?

L’ablation tumorale percutanée est une technique très efficace pour traiter les petites tumeurs hépatiques et rénales. Son taux de réussite dépend de plusieurs facteurs, tels que la taille de la tumeur, sa localisation, et l’état général du patient.

Comparaison avec d’autres traitements : Par rapport à la chirurgie, la radiofréquence présente des avantages en termes de récupération plus rapide et de réduction des risques de complications.

Taux de réussite pour les tumeurs de petite taille : La radiofréquence est particulièrement efficace pour détruire des tumeurs de moins de 3 à 5 cm. Les résultats sont souvent très bons, avec des taux de contrôle local pouvant atteindre 70 à 90 %.

Les résultats à long terme : Pour les patients atteints de carcinome hépatocellulaire, les taux de récidive peuvent être plus élevés que pour les tumeurs bénignes. Cependant, les traitements répétés peuvent être envisagés.

Comment cela se passe-t-il après l’ablation tumorale percutanée ?

Après la procédure, la gestion post-opératoire est relativement simple :

  • Surveillance immédiate : Vous serez surveillé pendant quelques heures dans une salle de réveil pour vérifier votre état général et s’assurer qu’il n’y a pas de complications immédiates.
  • Douleurs légères : De légères douleurs ou inconforts peuvent être ressentis autour de la zone traitée. Ces douleurs sont généralement bien contrôlées par des analgésiques simples.
  • Retour à la maison : La plupart des patients peuvent rentrer chez eux après une courte hospitalisation de 24 heures. Les activités normales peuvent généralement être reprises après quelques jours, bien que des précautions puissent être recommandées pendant les premières semaines.
  • Suivi médical : Un suivi régulier sera nécessaire pour surveiller l’évolution des lésions et détecter d’éventuelles récidives, notamment par imagerie (échographie, scanner, IRM).
Quels sont les avantages et les limites de l’ablation tumorale percutanée ?

Avantages :

  • Moins invasive que la chirurgie : Pas de grandes incisions, ce qui diminue le risque d’infection et accélère la récupération.
  • Temps de récupération rapide : La plupart des patients peuvent reprendre une vie normale après quelques jours.
  • Précision de traitement : Grâce à l’imagerie, la procédure peut cibler de manière très précise les lésions, minimisant ainsi l’impact sur les tissus sains environnants.
  • Option pour les patients non opérables : Idéale pour les patients qui ne sont pas candidats à une chirurgie en raison de leur âge ou de comorbidités.

Limites :

  • Efficacité limitée pour les grandes tumeurs : L’ablation tumorale percutanée est plus efficace pour les petites tumeurs. Les tumeurs de grande taille ou celles mal localisées peuvent nécessiter d’autres traitements.
  • Risque de récidive : Bien que les résultats à court terme soient bons, il existe un risque de récidive des tumeurs, notamment dans les cas de carcinome hépatocellulaire.
  • Complications possibles : Bien que rares, des complications telles que des infections, des saignements ou des blessures aux organes voisins peuvent survenir.
  • Limité aux zones accessibles : Certaines lésions profondes ou proches de structures importantes (vaisseaux, voies biliaires) peuvent être difficiles à atteindre par radiofréquence

Informations, publications et sites WEB d’intérêt 

https://www.radiologie.fr/sites/www.radiologie.fr/files/medias/documents/Fiche_info_patient_DTP_foie_MAJ-Nov-21.pdf