En bref…
L’embolisation des fibromes utérins est une intervention mini-invasive radioguidée pour traiter les fibromes utérins en bloquant l’afflux artériel par des microbilles. Elle est une alternative efficace à la chirurgie pour les femmes qui souhaitent se faire traiter de symptômes invalidants liés aux fibromes utérins (règles trop abondantes, anémie, douleurs-pelviennes, troubles urinaires ou du transit…) tout en conservant leur utérus et/ou qui ne souhaitent pas de cicatrices post-opératoires.


Cette intervention est réalisée par un radiologue interventionnel qui, après ponction de l’artère fémorale (piqûre en haut de la cuisse au niveau du pli de l’aine), va y insérer un petit cathéter (tuyau) de quelques millimètres et cartographier les artères cibles afin d’accéder aux artères utérines alimentant les fibromes. L’intervention est réalisée sous contrôle radiologique en temps réel.
Une fois le cathéter en place le radiologue injecte des microparticules jusqu’à boucher temporairement les artères alimentant les fibromes ce qui entraîne une importante diminution de leur apport sanguin et une diminution de leur volume (environ 70%) permettant de traiter les symptômes.
Cette intervention est une alternative à la réalisation d’une hystérectomie (chirurgie visant à retirer l’utérus) ou d’une myomectomie (chirurgie visant à retirer le fibrome utérin) avec une efficacité > 90% sans diminution de la fertilité comparativement à la chirurgie.
L’embolisation de fibromes utérins dure environ 1h-1h30 et peut se réaliser sous anesthésie locale, péridurale ou anesthésie générale en fonction de certains critères.
Cette intervention peut se faire en ambulatoire mais la durée d’hospitalisation est habituellement d’une journée et demie. Un arrêt de travail de 1 à 2 sem. est nécessaire.
Ce traitement est remboursé par l’assurance maladie et les mutuelles. Les radiologues interventionnels du service de radiologie du GHBA de Vannes ne pratiquent pas de dépassement d’honoraire.
En savoir plus (FAQ)
Qu’est ce qu’un fibrome utérin ?
Le fibrome utérin, également appelé myome, léiomyome, ou myome utérin est une tumeur bénigne (non cancéreuse) localisée au niveau des parois de l’utérus qui touche environ 25% des femmes.
Les causes exactes de cette pathologie gynécologique sont encore méconnues mais on sait qu’il s’agit d’une maladie hormono-dépendante se majorant avec l’âge et deux fois plus fréquentes chez les femmes à peau noire.
Les symptômes principaux des fibromes utérins sont parfois invalidant avec un retentissement sur la qualité de vie, la sexualité et la fertilité.
Les principaux symptômes des fibromes utérins sont:
– Règles hémorragiques avec pertes de sang très/trop abondantes (Ménorragies)
– Saignements entre les règles (Métrorragies)
– Saignements gynécologiques anormaux
– Fatigue due à l’anémie causée par les pertes de sang.
– Douleurs importantes durant les règles (Dysménorrhées)
– Troubles urinaires ou du transit
– Douleurs, gênes ou pesanteurs pelviennes permanentes
– Troubles de la fertilité
– Douleurs pendant les rapports sexuels (Dyspareunies)
L’intervention : explications
À quoi sert l’embolisation des fibromes utérins ?
L’embolisation empêche le sang de se rendre jusqu’aux fibromes utérins. Quand les fibromes sont privés de sang, ils « meurent » petit à petit, diminuent de volume (perte de volume > 70 %) puis se calcifient, ce qui fait disparaitre ou diminue de manière très importante les symptômes invalidants.
Il ne s’agit pas d’une nouvelle technique puisque cette intervention est réalisée depuis plus de 25 ans dans le monde entier (1ère embolisation réalisée en 1995). L’embolisation de fibrome utérin était initialement pratiqué pour diminuer la perte de sang lors de la réalisation de chirurgie visant à retirer les fibromes utérins (myomectomie), mais très rapidement il a été constaté que les patientes bénéficiant d’une embolisation ne présentaient plus aucun symptôme et n’avait plus besoin d’intervention chirurgicale.
L’embolisation est destinée aux femmes souffrant de symptômes invalidants liés aux fibromes utérins, tels que des douleurs pelviennes, des règles abondantes, des saignements irréguliers, et parfois des problèmes urinaires ou de constipation. Elle représente une alternative à la chirurgie, notamment l’hystérectomie, et est particulièrement adaptée pour celles qui souhaitent conserver leur utérus.


Comment se préparer à l’embolisation des fibromes utérins ?
Avant l’intervention, un bilan médical complet est nécessaire pour s’assurer que l’embolisation est adaptée à la patiente.
Ce bilan inclut une consultation avec un radiologue interventionnel, une IRM ou une échographie pelvienne pour localiser les fibromes et évaluer leurs tailles.
Une consultation gynécologique est également recommandée afin de pouvoir discuter des alternatives chirurgicales.
Une consultation d’anesthésie est également indiquée dans le mois précédent l’intervention afin de choisir la technique d’anesthésie la plus adaptée, sédation consciente avec anesthésie locale, péridurale voire anesthésie générale pour les patients les plus anxieuses. Juste avant l’intervention, les recommandations médicales conseillent de ne pas boire, ne pas manger et ne pas fumer pendant les 6 heures avant l’examen. Certains médicaments, notamment les anticoagulants, peuvent nécessiter une adaptation avant l’intervention.
Quelle est l’efficacité de l’embolisation des fibromes utérins ?
L’embolisation des fibromes utérins est reconnue pour son efficacité à réduire les symptômes associés aux fibromes (> 90-95% d’efficacité).
Les études montrent que la plupart des patientes voient leurs symptômes s’améliorer significativement dans les mois suivant l’intervention, avec une réduction durable de la taille des fibromes (diminution de leur volume > 70% en moyenne).
L’efficacité peut varier selon les cas, mais de nombreuses patientes rapportent un soulagement durable des douleurs et une amélioration de leur qualité de vie. Le taux de récidive est < 10%.
Quelles sont les complications potentielles ?
Les complications de l’embolisation fibromes utérins sont rares. Toutefois, comme n’importe quelle intervention, il existe des risques liés à la procédure. Le pourcentage de complications est plus faible que celui de la chirurgie.
- Allergie au produit de contraste iodé
- Syndrome post-embolisation : douleurs pelviennes associées à des nausées et une petite fièvre durant 12 à 48h après l’embolisation. Ce syndrome est fréquent et lié à l’arrêt de l’apport sanguin dans le fibrome, privant les cellules de l’apport d’oxygène et entraînant leur nécrose (mort cellulaire). Une prise en charge par antalgique et anti-inflammatoire est systématique pour le prévenir.
- Hématome au point de ponction : il est habituellement spontanément résolutif en une à quelques semaines.
- Aménorrhée permanente ou transitoire (<2-3%) : rare si âge < 40 ans
- Nécrose et surinfection utérine (<1%): très rare, survenant dans les 3 semaines, habituellement prise en charge par des traitements antibiotique et antalgique, et de manière exceptionnelle chirurgicalement avec réalisation d’une hystérectomie. Cette complication se manifeste par une fièvre persistante élevée (39-40°C), des douleurs se majorant et des pertes vaginales malodorantes.
- Expulsion de fibrome
- Allergie au produit de contraste iodé
Comment cela se passe-t-il après l’embolisation des fibromes utérins ?
Après l’intervention, il est courant de ressentir des douleurs pelviennes temporaires ou des crampes (syndrome post-embolisation), qui peuvent être soulagées par des médicaments antalgiques. Les symptômes des fibromes s’améliorent généralement sur quelques jours voire semaines. La plupart des patientes peuvent reprendre leurs activités quotidiennes en quelques jours, mais le retour complet à la normale peut prendre un peu plus de temps. Un arrêt de travail de 7-15 jours est la norme.
Une surveillance par un service de soin infirmier à domicile est systématiquement organisée les premiers jours afin de gérer les éventuelles douleurs post-opératoires au retour de la patiente dans son foyer.
Une consultation de suivi de radiologie interventionnelle et une IRM sont programmées de manière systématique à 6 mois pour évaluer l’évolution de la taille des fibromes et s’assurer que l’embolisation a été efficace cliniquement.
En cas d’échec (5-10%), l’alternative chirurgicale (myomectomie ou hystérectomie) reste toujours possible mais il est aussi possible de discuter d’une reprise de l’embolisation.
J’hésite / Aide à la décision
Quel est l’impact de l’embolisation utérine sur la fertilité ?
Au cours des dix dernières années, les techniques d’embolisation ont largement évolué. On peut désormais localiser les artères responsables de la vascularisation ovarienne et les protéger afin de minimiser au maximum les conséquences d’une embolisation sur la réserve ovarienne.
Les études récentes montrent qu’entre 50-65 % des patientes traitées par embolisation ont pu concevoir au décours d’une embolisation de fibromes utérins.
Les facteurs tels que la protection ovarienne pendant la procédure d’embolisation ont été associés à de meilleurs résultats. De plus, chez les femmes présentant une adénomyose (une affection de l’endomètre), l’embolisation a également montré des résultats prometteurs pour la fertilité.
Ces résultats suggèrent que l’embolisation peut être une option efficace pour les patientes souffrant de fibromes utérins, offrant des perspectives positives pour leur fertilité.
L’embolisation des fibromes utérins est une option de traitement innovante et efficace, permettant de traiter les symptômes tout en préservant l’utérus. Elle a l’avantage de ne laisser aucune cicatrice et de permettre à la femme de conserver son utérus.
Quels sont les autres traitements des fibromes utérins ?
- Traitement médicamenteux : il pourra réduire les symptômes douloureux (anti-inflammatoire), hémorragique (acide tranexamique) ou le volume du fibrome (contraceptifs oestro/progestatifs). Attention, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament a mis en garde contre l’utilisation de certains médicaments hormonaux à la suite d’effets secondaires importants et des risques accrus de méningiome. Le traitement médicamenteux peut être utile avant une intervention pour réduire la taille des fibromes.
- Techniques chirurgicales :
- La myomectomie : Cette opération consiste à retirer les fibromes en conservant l’utérus. Elle est adaptée pour les fibromes peu nombreux. En fonction de la taille et de la localisation du fibrome, le chirurgien pourra procéder par laparotomie (en ouvrant la paroi abdominale), par cœlioscopie ou par voie vaginale. Une future grossesse est possible après cicatrisation de l’utérus, mais le risque de récidive est important, les fibromes réapparaissant dans 20 à 30% des cas. Ce risque est principalement lié à la présence de fibromes sous-séreux ou intra-muraux laissés en place. Après la myomectomie, de nouveaux fibromes peuvent débuter une autre phase de croissance, et environ 25% des femmes qui ont subi une myomectomie subiront une hystérectomie environ 4 à 8 ans plus tard
- L’hystérectomie : Il s’agit d’un traitement radical avec l’ablation subtotale ou totale de l’utérus. Elle est souvent préconisée en cas de fibromes récidivants ou de fibromes sous-muqueux. La grossesse ne sera plus possible après l’ablation partielle ou totale de l’utérus.
Avantages et inconvénients de l’embolisation des fibromes utérins ?
Avantages :
- Efficacité 90-95% concernant les symptômes invalidants
- Procédure mini-invasive : pas de cicatrice
- Pas d’anesthésie générale dans la très grande majorité des cas
- Temps d’hospitalisation et de récupération plus court : 1 à 2 journées d’hospitalisation et 7-15 jours d’arrêt travail
- Conservation de l’utérus avec conservation d’une fertilité au moins équivalente aux procédures de myomectomie
- Moins de complications que la chirurgie
Inconvénients :
- Résultats parfois insuffisant, dans 5-10% des cas la régression des symptômes est insuffisante
- Risque de complications (comme dans toute intervention)
- Risque de récidive comparativement à l’hystérectomie
- Parfois inadapté : localisations particulières, volumineux fibromes multiples
Les situations cliniques des patientes sont discutées avec nos collègues gynécologues et une prise de décision collégiale permet de proposer la meilleure prise en charge.